Essaim surprise
Les premier essaims sont là, et cela me rappelle une expérience douloureuse vécue l’an dernier (ce blog n’existait pas encore)
J’avais été appelé pour récupérer un essaim suspendu sous une branche à 1m50 de hauteur dans le jardin d’un particulier : Le cas idéal. On met la ruchette dessous, on tape de manière sèche sur la branche et l’essaim tombe dans la ruchette. Mais ce jour là l’essaim n’est pas tombé mais s’est envolé. Etant sans protection j’ai eu une bonne dizaine de piqures presque toutes au-dessus des épaules (nez, coup, front, oreilles) et aux mains. 24 heures plus tard je ne pouvais plus plier certains doigts, j’avais un cou de taureau, un nez de clown, et les yeux de quasimodo ! D’après mon médecin, du fait que les symptômes étaient localisés, ce n’était pas une allergie mais juste une cellulite inflammatoire.
Morale : On ne sait pas à l’avance le comportement qu’auront les abeilles d’un essaim.
Ce n’est qu’après coup qu’on peut dire « elles ont été douces » ou « elles n’etaient pas coopératives ». Depuis je me protège systématiquement de la tête au pied. Je ne cherche plus à jouer à l’ami des abeilles. Pourtant, une semaine plus tôt j’avais été appelé pour récupérer un essaim dans les jardins d’une banque. Les abeilles avaient était très douces, aucune protection nécessaire ; comme dans les livres !
Voici les principaux arguments qui m’avaient été donné pour ne pas utiliser de protection :
- Si les abeilles en essaim piquaient, en mourant après la piqure elles affaibliraient l’essaim.
- Elles n’ont pas de ruche à protéger, donc elles ne sont pas agressives.
- Les abeilles se sont gorgées de miel, elles ne peuvent pas piquer.
- Je n’en mets jamais, et je n’ai pas eu de problèmes.
- Si on intervient avec tout notre accoutrement de cosmonaute on donne une image de dangerosité des abeilles, et, par les temps qui courent, l’abeille a besoin d’une image positive et du soutien du public.
J’ai appris a mes dépends que tout cela était faux ou pas toujours vrai ! Depuis mon expérience malheureuse et douloureuse, j’ai développé mes contres arguments :
- Les abeilles en essaim doivent protéger la reine, car sans elle pas de ponte et c’est la fin. La mort de quelques dizaines d’ouvrières en vaut la chandelle.
- Peut être que certains des arguments en faveur de la douceur des essaims sont vrai au tout début de l’essaimage mais qu’avec le temps (2 jours, 3 jours …) ils deviennent faux. Et comme on ne peut pas juger de l’âge d’un essaim …
- Le public comprend que les félins soient montrés en cage, et il n’en a pas pour autant une image négative.
- De plus, laisser croire que l’on peut manipuler des milliers d’abeilles en T-shirt risque d’induire des comportements dangereux.
Je sais que chauqe apiculteur aime bien faire ses propres expériences. Mais celle là je vous la déconseille : sortez toujours couvert !
